Mouche de la carotte
Nom latin : Psila rosae (Fabricius, 1794)Nom anglais : Carrot rust fly
Importance
La mouche de la carotte est un ravageur secondaire dans la région du sud de Montréal. Elle s'attaque aux plantes de la famille des ombellifères telles que la carotte, la carotte sauvage et le panais. Les dommages de mouche sont sporadiques et circonscrits dans des environnements particuliers. Nous verrons lesquels dans la section dispersion.
Description
L'adulte est une petite mouche d'un noir brillant qui mesure environ quatre à cinq millimètres de long. Elle a la tête rouge brun et de longues pattes jaunes. L'asticot est dépourvu de patte et sa tête n'est pas apparente. Il est de couleur blanchâtre.
Cycle de vie
L'insecte complète deux cycles par année. La deuxième génération est la principale cause de dommages aux plants.
La mouche hiverne au stade de pupe. L'adulte de première génération émerge à la fin du mois de mai. La femelle est attirée par la couleur jaune et par la couleur du feuillage de la plante hôte. Elle est plus active une à six heures avant le coucher du soleil.
Elle dépose de petits oeufs blancs près des jeunes plants, dans des endroits humides et dans les fentes du sol. Chacune pond de 80 à 100 oeufs. Les oeufs éclosent 6 à 12 jours après la ponte. Les jeunes larves (asticots) pénètrent dans le sol à la recherche d'humidité. Elles sont aussi attirées par le CO2 dégagé par les racines. À la fin de leur croissance, les larves cherchent un lieu humide pour se métamorphoser en pupe, celle-ci peut être située à une profondeur de 10 cm et plus.
La seconde génération d'adultes envahit les champs de carottes quand le total de degrés-jours, base 3°C, accumulé à partir du début avril est près de 1600°. Le cycle est le même. La ponte s'effectue généralement dans les premières semaines de septembre. Les larves n'atteignent pas les racines principales avant le mois d'octobre. Ainsi, des récoltes faites avant le début octobre sont exemptes de dommages, même si la mouche est présente.
Dispersion
La mouche vole par temps calme (vitesse du vent inférieure à 16 km/heure). Les dommages ont donc tendance à être concentrés près des zones abritées du vent. En début de saison, elle se
reproduit généralement sur des plantes hôtes situées en bordures des champs. Ces plantes appartiennent à la famille des ombellifères comme la carotte et le panais sauvage. Lorsque ces plantes sont présentes près d'un champ de carottes, les risques de dommages causés par la mouche sont plus élevés.
Dommages causés
Les dommages sont causés aux racines des plants. Après s'être nourries de radicelles, les larves pénètrent dans la racine principale et y creusent des galeries, soit en surface, soit en profondeur, presque toujours dans les deux tiers inférieurs des carottes. Lorsqu'une carotte ne suffit pas pour compléter leur développement, elles peuvent s'attaquer aux voisines.
Les dommages causés par la mouche ressemblent à ceux du charançon. Dans les deux cas, c'est la larve qui cause les dommages à la racine. Ces dommages se situent principalement dans la partie inférieure de la carotte alors que ceux du charançon se retrouvent dans la partie supérieure. Les tunnels creusés par la mouche sont plus étroits que ceux causés par le charançon.
Méthodes de lutte
Les méthodes de lutte consistent à :
- éviter de semer des carottes tardives dans les zones à risques élevés comme les endroits abrités, humides ou à proximité de panais et de carottes sauvages;
- éviter de semer aux endroits où des dommages ont été observés l'année précédente, puisque les pupes ont hiverné dans le sol et sont prêtes à se nourrir de nouveau de la culture;
- récolter en septembre les champs à risques élevés pour réduire les pertes à un minimum acceptable.
Dans la région au sud de Montréal, les dommages affectent surtout les champs récoltés après le 1er octobre. Avant cette date, la larve de deuxième génération n'a pas eu le temps d'atteindre la racine principale.
Les pulvérisations insecticides sont peu efficaces contre les insectes qui sont de bons voiliers et qui se reproduisent dans les mauvaises herbes et les champs abandonnés; les champs sont constamment réinfectés. Il faut donc traiter fréquemment à des intervalles rapprochés.

