Pourriture rose sclérotique
Nom latin : Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minorImportance
Causée par un champignon, la pourriture rose sclérotique est une maladie peu importante mais qui, occasionnellement, peut faire des dégâts dans la pépinière, dans le champ ou en entrepôt. Le champignon attaque de nombreuses plantes cultivées dont le chou, la laitue, le céleri, le concombre, la carotte et le haricot.
Description des dommages
Cette maladie, Sclerotinia sclerotiorum ou S. minor, est caractérisée par la production de sclérotes; cette structure de développement végétatif peut demeurer latente dans le sol durant plusieurs années avant d’infecter les plants ou de se développer sur de la matière organique en décomposition. Sous nos latitudes, il n’y pas de production de spores, le mode d’infection de cette maladie s’effectue à partir du mycélium qui envahit des tissus sénescents ou blessés.
La maladie peut faire son apparition dans les serres et provoquer une fonte des semis. Les plants sont attaqués par le champignon à la base de la tige, au niveau du collet. Une pourriture molle aqueuse et rosâtre se développe et provoque la chute des plants. Ceux-ci sont ensuite recouverts par une moisissure blanche cotonneuse sur laquelle on remarque des grains noirs (sclérotes).
Dans le champ, la maladie envahie également les plantes sur le collet et provoque aussi une pourriture molle aqueuse, présentant dans les zones nouvellement infectées une teinte rosée caractéristique. Par la suite, les tissus infectés se recouvrent de moisissure blanche et de sclérotes.
La plupart du temps les symptômes sont observés peu de temps avant la récolte dans les champs qui présentent des excès de maturité. La maladie peut alors se développer dans le cycle du transport sous forme d'une pourriture qui envahit toutes les parties de la plante, avec une formation abondante et rapide de moisissures et de sclérotes.
Sur le céleri, on observe rarement cette maladie dans les serres et les symptômes au champ se développent au cours des mois de juillet et août.
La maladie peut aussi se développer sur le céleri-rave en entrepôt.
Zones à risques
Les plants endommagés par les insectes, par une carence de calcium (coeur noir), ceux qui ont fané suite à un stress hydrique ou qui sont trop mûrs sont les plus susceptibles. Les champs qui présentent des symptômes de sclérotiniose d’année en année sont aussi des champs à risques, car ils sont susceptibles d’abriter de grandes quantités de sclérotes.
La rotation avec des carottes ou de la laitue assure la survivance du champignon et les déchets de ces cultures provenant des salles d'emballage augmentent la population de ce champignon dans le sol.
Méthodes de lutte
La pourriture rose est une maladie difficile à contrôler. Une rotation d'au moins trois ans avec des plantes non susceptibles à la maladie (betterave, oignon, épinard, maïs, céréales) peut permettre d’abaisser les niveaux de population de sclérotes et ainsi diminuer les risques d’infection. Il faut également détruire les déchets de culture pour éviter une contamination plus grave du sol. Un labour profond pour enterrer les sclérotes peut aussi aider au contrôle.
En théorie, des applications de fumigant peuvent réduire les taux de sclérotes dans le sol. Cependant, le coût de ces traitements ne justifie pas leur application en regard des pertes économiques occasionnées par la sclérotiniose. D’autre part, certains prétendent que l’emploi de tels produits non sélectifs laisse un vide écologique dans le sol, lequel sera rendu susceptible à la colonisation par des champignons qui s’établissent sur les plantes cultivées.