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Ravageurs du céleri

 

 

Puceron - forme ailée
Puceron - forme ailée

Puceron - forme ailée

Puceron - forme aptère
Puceron - forme aptère

Puceron - forme aptère

Pucerons - mouvements de migration
Mouvements de migration qui peuvent s'appliquer à plusieurs espèces de pucerons.

Mouvements de migration qui peuvent s'appliquer à plusieurs espèces de pucerons.

 

Pucerons

Nom anglais : Aphids

Importance
Le puceron peut être considéré comme un ravageur secondaire pour les cultures de céleris. En général, le contrôle d'autres insectes ravageurs permet de maintenir ces insectes à des niveaux de population qui n'affectent pas la qualité de la récolte. Cependant, lorsque les colonies sont importantes, elles exercent une telle pression sur les folioles que celles-ci peuvent flétrir. De plus, certaines espèces de pucerons propagent le virus de la mosaïque du concombre (CMV) et le virus de la mosaïque du céleri (CeMV).

Description
Le puceron est un petit insecte de deux à quatre millimètres à l’âge adulte, au corps mou, muni de pièces buccales de type piqueur-suceur. Il en existe plusieurs espèces aux couleurs variées, vert pâle, vert foncé, rosé ou brunâtre. Les larves ressemblent à l'adulte mais en plus petit et sans ailes. Les pucerons possèdent, à la partie postérieure de l'abdomen, deux cornicules qui sécrètent des cires et certaines phéromones. Cette particularité permet d'identifier avec certitude qu'il s'agit d'un puceron.

Au cours des saisons 1997 à 1999, une étude importante menée par le PRISME a permis de distinguer que deux espèces sont prédominantes sur le céleri. Ce sont Myzus persicae (présente à 92%) et Aphis gossypii (6%).

D’autres espèces de moindre importance sont aussi présentes occasionnellement, soit A. nasturtii, Cavariella aegopodii, A. fabae et Macrosiphum euphorbiae.

Cycle de vie
Le cycle vital classique des pucerons débute à l'automne au stade d'oeuf. Cet oeuf hivernera dans l’axe des bourgeons des plantes ligneuses. Le printemps suivant, une femelle aptère parthénogénétique (qui produira uniquement des femelles sans fécondation) émergera de cet œuf et donnera naissance à des femelles ailées, également parthénogénétiques, qu’on appelle "fondatrices".
Ces fondatrices migrent alors vers les plantes annuelles et donnent naissance à des femelles aptères (sans ailes) qui se reproduisent également sans fécondation.

Les adultes se reproduisent rapidement par parthénogénèse et pourront donner naissance à des générations de pucerons, ailés ou aptères selon différentes conditions environnementales telles la température, la luminosité, la densité de population ou la qualité nutritive de l’hôte. De 10 à 12 générations se succèdent durant l'été.

En automne, les facteurs physiques tels que la longueur des jours et la température provoquent l'apparition d'adultes ailés et sexués qui s'accouplent et pondent des oeufs hivernant sur l'hôte primaire. Certaines espèces de pucerons passent l'hiver sous forme de femelles parthénogénétiques ailées dans les régions où les hivers sont moins rudes. D'autres espèces immigrent à chaque année, transportées par les vents dominants du sud qui se frayent un passage jusqu'à nos latitudes. Ces espèces sont susceptibles de transporter des virus.

Par temps chaud, le rythme de reproduction des pucerons est rapide. À 25 °C, le puceron peut atteindre sa maturité en 5 jours, tandis qu'un cycle complet peut prendre jusqu'à huit semaines lorsque la température est de 5 °C. Un seul individu peut reproduire de 100 à 150 larves.

L'infestation primaire d'un champ de céleris débute généralement par l'arrivée de pucerons ailés. les pucerons vont donner naissance à des générations de pucerons sans ailes. Dans les quelques jours, sinon les quelques heures suivant l'infestation, on trouvera des pucerons ailés et des pucerons non ailés (aptères). À mesure que la population sur un plant se consolide, on trouve des squelettes de pucerons (exuvies). Certaines espèces de pucerons ailés proviennent de régions très éloignées et sont apportées ici par les courants aériens.

Pour certaines espèces, lorsque la densité de population atteint un seuil critique, il y a formation d'une génération ailée. De 10 à 14 jours peuvent suffire pour qu'une infestation primaire se transforme en épidémie. Les plants infectés au départ par les pucerons ailés deviennent au bout de quelques jours des foyers d'infestation à partir desquels peut survenir une migration vers les plants voisins.

Les premiers écosystèmes infestés (adventices, cultures) forment des foyers d'infestation à partir desquels émigreront des adultes ailés plus tard au cours de l'été. Ces infestations "secondaires" sont les plus dangereuses pour les cultures. En effet, à ce moment, les envolées sont massives et l'infestation des champs est plus sévère.

Dispersion
Plusieurs facteurs peuvent être responsables de l'émigration des populations de pucerons. Cependant, ces facteurs (e.g. densité de la population, qualité nutritive des hôtes, climat) doivent influencer la ou les générations précédentes, car ce sont elles qui vont donner naissance à une génération d'adultes ailés.

Dans les champs de céleris, les pucerons arrivent par envolées sous forme ailée. Selon les espèces de pucerons, les dates d'envolées sont différentes. On peut commencer à voir des envolées à la mi-juin et elles se poursuivent jusqu’à la mi-septembre.

On peut observer des pucerons aptères dans les quelques heures qui suivent l’infestation des ailés.

Dommages causés
Sur le céleri, les pucerons colonisent différentes parties de la plante selon l'espèce à laquelle ils appartiennent. Vous pouvez consulter le « Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec » développé par le PRISME en collaboration avec Agriculture Canada qui contient une clé d’identification détaillée et de l’information concernant tous les pucerons présents sur le céleri et les autres cultures dépistées par le PRISME.

Les pucerons sont des piqueurs et leur rostre permet de percer les tissus pour s’alimenter passivement de la sève qui circule dans les vaisseaux. Les espèces de pucerons qui colonisent les folioles les plus développées atteignent rarement des niveaux de population qui perturbent la croissance des plants. Comme cette partie des plants n'est pas commercialisée et que les plants de céleri sont lavés avant d'être mis en marché, la majorité de ces pucerons sont alors éliminés.

Pour les espèces qui colonisent les coeurs de céleri, les dommages peuvent être plus sérieux puisque ces espèces sont plus difficiles à déloger des plants au moment de la récolte et du processus d'emballage. La présence de telles espèces est donc indésirable.

Les pucerons peuvent être vecteurs de plusieurs viroses en transportant les virus d'une plante à l'autre. Sur le céleri, ils propagent particulièrement la mosaïque du concombre. Malgré le fait qu’un nombre élevé de plants affectés par le CMV a été observé lors de certaines saisons, les pertes économiques ont été minimes.

Méthodes de lutte
Les coccinelles, les larves de syrphides et de chrysopes sont des prédateurs de pucerons souvent observés dans les champs cultivés. Il existe aussi des parasites qui tuent les pucerons en les dévorant de l'intérieur; on les appelle des parasitoïdes. Parmi ceux-ci, on note les genres Aphidius et Aphidoletes, tous deux des insectes de la famille des hyménoptères.

La lutte chimique demeure le seul moyen efficace pour contrôler les infestations. La pulvérisation doit être particulièrement soignée, les pucerons étant souvent protégés par un feuillage dense. Certaines années, plusieurs traitements peuvent être nécessaires pour contrôler les populations.

Cependant, compte tenu du faible impact économique des pucerons sur le céleri, les traitements sont souvent retardés jusqu’à l’apparition d’une infestation par un autre insecte ravageur qui nécessite une synchronisation du contrôle chimique plus précise (punaises ternes, chenilles).