Punaise terne
Nom latin : Lygus lineolarisImportance
La punaise terne, Lygus lineolaris, est un insecte ravageur prépondérant de la culture du céleri. Les dommages causés tant par les larves que les adultes causent des préjudices sérieux à la qualité esthétique de la récolte. De trois à cinq interventions insecticides peuvent être nécessaires pour contrôler ce ravageur au cours de la croissance du céleri.
Description
La punaise terne est un insecte de l`ordre des hémiptères et de la famille des mirides; il s'agit d'un insecte hémimétabole dont l'adulte est caractérisé par la présence d'hémélitres (les ailes ont une partie dure et une partie membraneuse). L'adulte et la larve de punaise possèdent des pièces buccales de type piqueur.
Les punaises ternes sont polyphages et on les rencontre fréquemment dans différentes cultures telles que la fraise, la framboise, la carotte, la pomme de terre et le céleri. On connaît près de 325 espèces végétales appartenant à une cinquantaine de familles qui sont susceptibles d'être hôtes de la punaise terne. Les punaises recherchent avant tout les tissus tendres et riches en sève élaborée. Les dommages sont donc fréquemment observés sur des tissus tels que les bourgeons, les méristèmes et les fruits.
La larve de punaise terne est de couleur vert pâle. À partir du troisième stade larvaire, elle possède quatre points sur la face dorsale du thorax et un point sur la face dorsale de l'abdomen. Bien qu'à première vue cette larve ressemble à un puceron, elle se distingue de celui-ci, entre autres, par l'absence de cornicule; de plus elle est très mobile et se déplace rapidement quand on la dérange. Elle se tient habituellement dans le coeur du céleri ou sur les pétioles intermédiaires.
À l'état adulte, la punaise terne est un insecte très mobile d'environ 6 mm de longueur. Le corps est de forme ovale et aplatie avec des hémélitres dans les teintes de brun. Les hémélitres se croisent sur l'abdomen pour former un triangle. La teinte des hémélitres varie avec l’âge de l'adulte. Plus l'adulte est vieux, plus la teinte brune des hémélitres sera foncée. La punaise terne adulte est aussi très mobile; il est facilement dérangé par le bruissement du feuillage ou par l'ombrage occasionné par un individu qui marche dans le champ.
Cycle de vie
Cet insecte hiverne à l'état adulte dans les débris et les endroits abrités. L'insecte passe par cinq stades larvaires. Il y a deux à trois générations par année au Québec.
Les adultes hivernants apparaissent vers la fin-avril et s'attaquent aux parties succulentes des plantations de céleris dès le mois de mai. D'autres plantes cultivées, comme la laitue, la fraise et des adventices hâtives comme la barbarée vulgaire, sont hôtes des adultes hivernants. Durant leur séjour sur ces plantes les adultes de punaises se reproduisent et pondent leurs oeufs.
Au début du mois de juin, les larves de première génération apparaissent dans les cultures et sur une multitude d’adventices annuelles ou pérennes. Leur présence s'étend sur une période d'environ trois semaines avec un pic de population vers la mi-juin. La durée de vie d’une larve varie avec la température et s’étend sur une période de 7 à 14 jours.
Vers le début du mois de juillet, la première génération d'adultes est observée dans les champs de céleri. Leur présence et leur apparition se prolongent jusqu’à la mi-d'août.
Vers la fin du mois du juillet, les larves de deuxième génération sont observées dans les champs de céleris. Leur présence dans les champs peut être observée jusqu'à la fin du mois d'août.
Durant le mois d'août, des adultes de deuxième génération peuvent être observés en même temps que des congénères à l'état larvaire. Ces adultes de deuxième génération peuvent être observés jusqu'à la fin du mois de septembre.
Rarement, des larves de troisième génération sont observées dans les champs de céleris mais on peut exceptionnellement les voir apparaître vers la mi-septembre.
Dispersion
Dans les champs, les populations de punaises sont généralement dispersées au hasard, on parle ici d'une distribution de type aléatoire. Dans les faits, les infestations qui nécessitent une intervention se présentent souvent par vagues d’adultes qui colonisent les champs pour se nourrir ou pour pondre. Cinq à sept jours après la ponte, on observe l’émergence d’une cohorte de larves qui s’étale sur environ trois à cinq jours. À l’occasion, on peut observer la migration de larves à partir d’hôtes situés dans les fossés.
Sur un plant de céleri, les larves se tiennent dans le coeur. Pour bien les observer, il suffit d'ouvrir le plant et de secouer légèrement le coeur du céleri. Les larves devraient alors se déplacer sur les tiges ou tomber au sol en courant. Les punaises adultes quant à elles, ont tendance à s'envoler ou à tomber au sol. Lorsque les céleris sont bien développés (> 55 cm), on observe souvent des punaises adultes qui se nourrissent au niveau du premier noeud des pétioles intermédiaires.
La présence des punaises est souvent associée à la présence, dans les champs, d’adventices en fleurs telles que le chénopode, la moutarde, le bident ou l’amarante. Ces plantes agissent en quelque sorte comme trappes à punaises ternes dans les champs de céleris.
Dommages causés
Les dommages occasionnés par la punaise terne sont de nature différente selon qu'il s'agisse d'un dommage de ponte ou de nutrition.
Le dommage de ponte se caractérise par un léger renflement de l'intérieur du pétiole du céleri. Lorsqu'il est jeune, le dommage ressemble à une petite bulle. À mesure que la plante croit, la lésion s’agrandit laissant place à un trou de quelques millimètres de diamètre.
Souvent le trou est recouvert d'une fine pellicule d'épiderme. Ces dommages, bien qu'indésirables, sont souvent tolérés lors de la commercialisation du céleri.
Les dommages de nutrition occasionnent des lésions plus sérieuses sur les plants de céleri. En effet, la salive des larves ou des adultes provoque la nécrose et le brunissement des tissus à proximité de la piqûre. Plus les températures sont élevées, plus les dommages de nutrition sont sévères. Lorsque ces lésions sont présentes au coeur du céleri, elles peuvent rendre les plants invendables. De plus, à mesure que le céleri croît, ces lésions provoquent une croissance anarchique des pétioles. Lorsque cette situation sévit sur des pétioles commercialisés, les céleris sont invendables.
Méthodes de lutte
Puisque l'insecte se cache dans le coeur du plant, il faut utiliser une grande quantité d'eau pour que les produits atteignent les insectes. Il en est de même lorsque des produits systémiques sont employés.
Plant inférieur à 20 cm : 450 litres à l'hectare
De 20 à 40 cm : de 600 à 800 litres à l'hectare
Plus de 40 cm : 800 litres à l'hectare et plus

