Tache septorienne
Nom latin : Septoria apiiImportance
Au Québec, la tache septorienne peut être considérée comme la maladie cryptogamique la plus sérieuse du céleri. Elle peut occasionner des pertes économiques importantes car les lésions qu’elle cause se manifestent autant sur le feuillage que sur les pétioles. De plus, la maladie continue sa progression au cours de la mise en marché.
Lors de la saison 2003, les champs de céleris de la région ont été particulièrement affectés et l’ont été tôt en saison. En effet, dès le printemps, sa présence a été observée à plusieurs endroits en serre.
Description des dommages
Les premiers symptômes apparaissent généralement sur les plus vieilles feuilles sous forme de petites taches anguleuses ou circulaires recouvertes de points noirs. Les points noirs, observés à la loupe, prennent l’aspect d’un petit volcan; ce sont les picnides. Ces structures sont responsables de la production et de la libération des spores. Les taches sont généralement grises mais elles peuvent aussi être légèrement brunes. Lorsqu'elles sont nombreuses, elles se rejoignent et toute la feuille se dessèche et meurt. Lors d'infections sévères, les mêmes symptômes apparaissent sur les pétioles.
Conditions d'infection
La tache septorienne est une maladie qui survit sur la semence. D’ailleurs, l’utilisation d’une semence âgée de trois ans et plus est censée diminuer les risques d’infection. C'est une maladie qui se développe par temps chaud et humide. Elle peut débuter en serres, mais souvent les symptômes ne sont vraiment évidents que plus tard dans la saison. Les picnides renferment des spores gluantes. Celles-ci ne sont pas dispersées par le vent, mais plutôt par la pluie battante, l'eau d'irrigation qui éclabousse les feuilles ou par des vecteurs tels la machinerie ou la main-d'oeuvre. Selon les conditions climatiques, les taches n'apparaissent que 7 à 14 jours après l'infection.
Au cours d’une saison, jusqu’à sept cycles d’infection peuvent se succéder. À chaque période de pluie ou d’irrigation, on peut considérer qu’il y a dispersion de la maladie. L’intensité et l’étendue de la maladie sont proportionnelles au nombre de cycles d’infection qui peuvent s’accomplir au cours de la saison de croissance.
En général, les symptômes suivant les deux premiers cycles d’infection sont pratiquement invisibles. Au troisième cycle, les taches foliaires sont facilement visibles à l’oeil nu. La progression du nombre de lésions et le pourcentage de la surface foliaire ravagé augmentent rapidement au cours des cycles successifs.
Zones à risques
La semence est le principal vecteur de la maladie. Cependant, le champignon passe l'hiver dans les déchets de culture infectés et il peut y survivre pendant quelques années. La semence n'est donc pas toujours la source première d’inoculant.
Au champ, les plants peuvent être infectés par les spores de Septoria qui proviennent des résidus de culture ou d'autres plants malades. Des études réalisées en sol minéral révèlent que le céleri planté en juin a été infecté par des spores qui originent des débris de culture mis dans le sol neuf mois plus tôt. Toutefois, le céleri n’a pas été infecté lorsque des débris avaient été déposés 21 mois plut tôt. Des spores viables peuvent être retrouvées sur les débris tant qu'il y subsiste de la matière végétale (Dullahide, 1979). Il est probable qu'une rotation de deux ans puisse contrôler la source de maladie dans le champ (Maude & Schuring, 1970).
Dès que la tache septorienne est observée sur une ferme, tous les champs deviennent à risques. En effet, il se distribue abondamment dans les champs lors du passage de la machinerie. Ainsi, plus les symptômes apparaissent tôt en cours de croissance plus les risques de dissémination sont élevés.
La tache septorienne peut être détectée dès le début du mois de juillet. Elle peut même faire son apparition en serre. Cependant, on l’observe plus généralement à partir du mois d’août dans les champs où les plants ont de plus de 50 cm.
Les champs les plus à risques sont les champs qui présentent des symptômes tôt en cours de croissance (< 50 cm), car ceux-ci subiront plusieurs cycles d’infection.
Méthodes de lutte
Afin d’aider à diminuer le niveau d’inoculant primaire, c'est-à-dire le nombre de plants porteurs de la maladie, il faut soit :
- Utiliser une semence saine vieille de trois ans;
OU
- Acheter des semences traitées à l’eau chaude (avant l’enrobage) ou faire soi-même le traitement à l’eau chaude si on utilise des semences nues.
Les autres moyens de lutte préconisés sont :
- Pratiquer une rotation d'au moins deux ans
- Au besoin traiter à l’aide de fongicides protectants.
Les fongicides protectants sont utilisés contre la germination des spores. Ces produits permettent un bon contrôle en autant que les arrosages commencent dès les premiers cycles d’infection.
Des fréquences d’intervention plus courtes sont nécessaires lorsque l'humidité relative de l’air et la température sont élevées.