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Ravageurs des choux chinois

 

 

 

Puceron - forme ailée
Puceron - forme ailée

Puceron - forme ailée

Puceron - forme aptère
Puceron - forme aptère

Puceron - forme aptère

Pucerons
Pucerons.

Pucerons

Nom anglais : Aphids

Importance
Les pucerons sont des ravageurs prépondérants dans la culture du chou chinois. Une certaine présence peut tout de même être tolérée sur les feuilles extérieures. Il faut cependant être bien vigilant, car une perte de contrôle peut causer de grandes pertes économiques.

Description
Le Myzus persicae est le puceron le plus souvent retrouvé dans la culture du chou chinois. C’est habituellement en août qu’il est le plus présent. Il y a aussi les espèces de pucerons spécifiques aux crucifères : Lipaphis erysimi (puceron du navet) et Brevicoryne brassicae (puceron des crucifères) qui sont présents. Le stade de pommaison est à surveiller de près.

Les pucerons sont des insectes de l'ordre des homoptères et de la famille des aphidiens. Il s'agit d'un petit insecte au corps mou qui se nourrit passivement de la sève de son hôte à l'aide de ses pièces buccales de type "piqueur-suceur".

On reconnaît un puceron par la présence d'une structure qui lui est propre: les cornicules. Les cornicules, qui sont au nombre de deux, sont situés à l'extrémité postérieure de l'abdomen. Ils ont une forme cylindrique allongée et ont pour fonction d'exuder des cires et certaines phéromones. Au champ, la présence de cornicules permet de confirmer qu'un spécimen est bel et bien un puceron.

Les pucerons ont pour caractéristiques d'être ovovivipares, parthénogénétiques, polyphages et hautement reproductifs. De nombreuses espèces envahissent régulièrement les champs, les boisés et même les parterres et les aménagements paysagers. Plusieurs espèces de pucerons sont susceptibles d'infester un champ de laitues. Chacune des espèces possède son propre cycle vital et son propre potentiel d'infestation sur la laitue.

Au cours des saisons 1994 à 1999, deux études importantes menées par le PRISME dans la région du sud de Montréal, ont permis d’identifier, quantifier et étudier les espèces de pucerons pouvant se retrouver sur la laitue.

Des neuf espèces échantillonnées sur la laitue, trois sont prépondérantes et représentent un risque pour la culture. Il s’agit du puceron de la laitue, Nasonovia ribisnigri (présente à 69%), du puceron de la pomme de terre, Macrosiphum euphorbiae (21%) et du puceron vert du pêcher, Myzus persicae (6%).

Les quatre espèces suivantes sont présentes occasionellement et en quantité moins importante : le puceron de la digitale (Aulacorthum solani), Acyrthosiphon lactucae, Uroleucon ambrosiae et le puceron lanigère des racines de la laitue (Pemphigus bursarius).

Deux autres espèces se retrouvent sur la laitue en fin de saison sous forme ailée, mais ces pucerons ne colonisent pas la laitue et ne sont pas aptes à s’en nourrir. Il s’agit du puceron des céréales (Rhopalosiphum padi) et du puceron du maïs (Rhopalosiphum maidis).

Vous pouvez consulter le Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec développé par le PRISME en collaboration avec Agriculture Canada qui contient une clé d’identification détaillée et de l’information concernant tous les pucerons présents sur le céleri et les autres cultures dépistées par le PRISME.

Les paragraphes qui suivent, dressent le portrait des trois espèces de pucerons les plus importantes sur la laitue.

Nasonovia ribisnigri

Ailés
Pucerons jaunes tachés de noir; tête, antennes, thorax et cornicules noirs; abdomen portant des bandes transversales noires (sur fond jaune) plus ou moins complètes (plus sur la deuxième moitié de l'abdomen).

Aptères
Pucerons jaunes ou verts et très luisants (lustrés); pattes sombres ou noires; dos de l'abdomen couvert de rayures transversales noires chez les adultes uniquement (style costume de prisonniers). Ils colonisent habituellement les jeunes feuilles du coeur des laitues (bien écarter délicatement les toutes jeunes feuilles).

Comportement sur la laitue
La caractéristique principale de Nasonovia ribisnigri est de coloniser le coeur et ensuite les pommes de laitue. Il est nécessaire d'ouvrir les pommes pour pouvoir les trouver. Un plant encore jeune (avant la pommaison) peut cacher une cinquantaine de Nasonovia ribisnigri en son sein alors qu'à première vue il pouvait sembler exempt de pucerons. Cette situation permet au Nasonovia ribisnigri de se développer rapidement à l'abri d'à peu près tout et d'échapper aux insecticides, particulièrement à partir du début de la pommaison. Les colonies comptent fréquemment plus de 50 individus.

Macrosiphum euphorbiae

Ailés
Grands pucerons allongés verts ou parfois roses, sans taches; antennes, pattes, queue et cornicules longs; queue blanche, antennes souvent foncées, thorax entre les ailes brunâtre; tubercules antennaires très développés.

Aptères
Grands pucerons allongés en forme de fuseau (plus de deux mm pour les adultes) généralement bien verts mais parfois roses, parfois avec une ligne de même couleur mais plus foncée que le corps allant du thorax jusqu’à la queue; sans aucune tache noire (sauf parfois le bout des cornicules); pouvant présenter un aspect cireux et mat; longues pattes claires, longues antennes occasionnellement sombres; cornicules très longs, effilés et réticulés. Ils colonisent toutes les feuilles sur les deux faces mais plus particulièrement sur la face inférieure.

Comportement sur la laitue
Les Macrosiphum euphorbiae aptères ne semblent pas avoir, contrairement à Myzus persicae et à Nasonovia ribisnigri, de site de prédilection sur les plants de laitues. Ils se tiennent sous les feuilles inférieures avec Myzus persicae ou sous d'autres feuilles implantées plus haut. Macrosiphum euphorbiae ne semble pas apprécier les feuilles sénescentes et, en général, il ne colonise pas les feuilles du coeur.

Les colonies de Macrosiphum euphorbiae aptères comptent rarement plus de trois douzaines d'individus sur le même plant. En général, les groupes n'excèdent pas la dizaine d'individus. Par ailleurs, Macrosiphum euphorbiae est très mobile et "dynamique". Si on le dérange, il se dresse sur ses longues pattes et s'éloigne rapidement en marchant.

Myzus persicae

Ailés
Petits pucerons (2.8 mm) de couleur jaune ambré portant sur l'abdomen une grande tache brune (plus ou moins quadrangulaire et contenant une petite zone claire) ainsi que des petites taches latérales. Tête et thorax (entre les ailes) noirs, corps bombé, abdomen rond, tubercules antennaires convergents caractéristiques mais difficiles à voir sans binoculaire. Existe aussi en vert!

Aptères
Petits pucerons ronds généralement jaune pâle, parfois blancs, roses ou rouges, sans taches sur le dos; pattes et antennes blanchâtres mais très peu visibles.

Comportement sur la laitue
Cette espèce de puceron présente des individus généralement immobiles, ils se positionnent sous les feuilles inférieures (particulièrement celles en sénescence) et se laissent tomber lorsqu'on les dérange.

Ces pucerons montrent une nette préférence pour les feuilles sénescentes. De même, Myzus persicae peut continuer son développement sur une feuille sénescente ou coupée. Lors des envolées du mois d’août, le Myzus persicae semble préférer coloniser les jeunes plants. Myzus persicae bouge peu et se laisse plutôt tomber sur le sol lorsqu'on le dérange.

Cycle de vie
Le cycle vital des pucerons débute à l'automne par le stade d’œuf. De cet œuf éclôt au printemps la fondatrice, une femelle aptère parthénogénétique qui donne naissance à des femelles ailées, également parthénogénétiques.

Ces pucerons ailés émigrent de l’hôte primaire sur des hôtes secondaires et vont donner naissance, sans fécondation, à des femelles aptères qui se reproduisent également sans fécondation. Les adultes se reproduisent rapidement par parthénogénèse; ils pourront donner naissance à des générations de pucerons, ailés ou aptères selon différentes conditions environnementales telles que la température, la luminosité, la densité de population ou la qualité nutritive de l’hôte. De 10 à 12 générations se succèdent durant l'été.

L'infestation primaire d'un champ débute généralement par l'arrivée de pucerons ailés. Ces pucerons vont donner naissance à des générations de pucerons sans ailes. Dans les quelques jours, sinon les quelques heures suivant l'infestation, on trouvera des pucerons ailés et des pucerons non ailés (aptères). À mesure que la population sur un plant se consolide, on trouve des squelettes de pucerons (exuvies).

Par temps chaud, le rythme de reproduction des pucerons est rapide. À 25 °C, le puceron peut atteindre sa maturité en cinq jours, tandis qu'un cycle complet peut prendre jusqu'à huit semaines lorsque la température est de 5 °C. Un seul individu peut reproduire de 100 à 150 larves.

Selon les espèces, des facteurs environnementaux provoquent la formation d'une génération ailée. Dans le cas de Nasonovia ribisnigri, de 10 à 14 jours peuvent suffire pour qu'une infestation primaire se transforme en épidémie. Les plants infectés au départ par les pucerons ailés deviennent au bout de quelques jours des foyers d'infestation à partir desquels peut survenir une migration vers les plants voisins.

En automne, les facteurs physiques tels que la longueur des jours et la température provoquent l'apparition d'adultes ailés et sexués qui s'accouplent et pondent des œufs hivernant sur l'hôte primaire. Certains pucerons passeront l'hiver sous forme de femelles parthénogénétiques ailées. D'autres espèces immigrent à chaque année, transportées par les vents dominants du sud qui se frayent un passage jusqu'à nos latitudes. Ces espèces sont susceptibles de transporter des virus.

Dispersion
Dans les champs de choux chinois, les pucerons arrivent par envolées sous forme ailée. Selon les espèces de pucerons, les dates d’envolées sont différentes. On peut commencer à voir des envolées en mai et elles se poursuivent jusqu’en septembre. On peut observer des pucerons aptères dans les quelques heures qui suivent l’infestation des ailés.

Dommages causés
Les dommages causés par les pucerons peuvent revêtir divers aspects. Il y a les dommages esthétiques causés par la présence de pucerons, les déformations foliaires, la transmission de virus et la présence de miellat lorsque les pucerons sont en grand nombre.

Méthodes de lutte
Le traitement insecticide est le moyen de lutte préconisé pour réprimer le puceron. La pulvérisation doit bien couvrir les plants, les pucerons étant souvent protégés par un feuillage dense. Dans certaines situations, plusieurs traitements peuvent être exigés pour contrôler les populations.