Moisissure grise
Nom latin : Botrytis cinerea
Importance
La moisissure grise sur la laitue est causée par le champignon Botrytis cinerea. Cette maladie tue rarement la laitue, mais elle peut causer des dégâts importants qui conduisent au rejet des laitues infectées.
Description des dommages
La moisissure grise se reconnaît par la couleur grise des spores qui apparaissent généralement de 5 à 15 jours après l'infection. Ces spores forment un duvet gris qui s'installe à la base des plus vieilles feuilles. Juste au-dessus de la moisissure, on peut observer, généralement sur les tissus blancs du pétiole, une pourriture humide de couleur brun clair.
Cette pourriture, résultant de l’infection des tissus par le mycélium du champignon, est généralement visible avant la sporulation.
Lorsque les conditions climatiques sont favorables au développement de la maladie, une pomme de laitue infectée à la base peut dégénérer et être infectée à partir de l'extérieur de la pomme, du bas vers le haut. Cependant, dans la majorité des situations, le Botrytis a tendance à se maintenir sur les feuilles du bas; les feuilles saines agissent en quelque sorte comme une barrière qui protège les parties de la plante qui sont commercialisées.
D’autre part, les laitues récoltées dans les champs présentant des symptômes de moisissure grise risquent de pourrir en entrepôt. C’est pourquoi il est déconseillé de destiner ces lots de laitues sur des marchés extérieurs ou sur le marché de la transformation.
Conditions d'infection
Des températures de 15 à 20 °C sont favorables au développement du mycélium même s'il s'accommode très bien de températures plus basses. La moisissure grise se manifeste dans les champs de laitues dès que les conditions climatiques deviennent humides et que les plants ont atteint un certain niveau de maturité (début de la pommaison). Lorsque les conditions deviennent sèches, on observe une diminution rapide des lésions causées par le Botrytis.
Les spores permettent au champignon de se propager rapidement par le vent. La production des spores à partir de l’infection par une première spore peut prendre de 15 à 21 jours avant d'effectuer un cycle complet. Ces spores peuvent germer sur des tissus morts ou sains tant que le taux d'humidité est très élevé. Cependant, sur la laitue, ce mode d’infection est rarement observé. En effet, le Botrytis cinerea infecte en premier et fréquemment les laitues par le développement du mycélium présent dans le sol.
Le mycélium de Botrytis cinerea préfère attaquer les tissus déjà morts. L'infection peut débuter à la mort des cotylédons ou des plus vieilles feuilles de la laitue. La mort naturelle des vieilles feuilles augmente la susceptibilité de la laitue au champignon.
Si l'infection est maintenue au niveau du collet ou au niveau des plus vieilles feuilles lorsque les plants sont âgés, il y a peu de risques de pertes. Par contre, si le climat favorise la croissance du Botrytis et qu'il retarde la croissance des laitues, alors les risques de pertes deviennent plus élevés.
En général, on observe le Botrytis dans les champs à partir du début de la pommaison sur la pommée et environ deux à trois semaines avant la récolte sur les autres types de laitue. Il est aussi possible d’observer des infections par le Botrytis sur de jeunes transplants suite au choc de transplantation. Ces infections se manifestent généralement lorsque la qualité des transplants est douteuse ou lors de retour de laitues en deuxième récolte au cours d’une même année. Le Botrytis peut être observé dans les champs de laitues du mois de juin au mois de septembre.
Zones à risques
Comme il s’agit d’un champignon omniprésent dans les champs cultivés en terre noire, il ne semble pas y avoir de zones plus sensibles que d’autres. L’expression des symptômes de Botrytis est surtout liée aux conditions climatiques et à la présence de tissus sénescents en contact avec le sol. Les champs recouverts de bâche au printemps peuvent être considérés comme des champs à risques. En effet, on observe que l’enlèvement tardif des bâches, plus tard que début juin, favorise le développement du Botrytis.
Méthodes de lutte
Aux États-Unis et en France, des applications de fongicides non homologués au Canada peuvent permettre le contrôle du Botrytis. Cependant, les pertes économiques associées à ce pathogène ne justifient pas de tels traitements sous nos latitudes.
La stratégie de lutte consiste plutôt à favoriser un développement optimal du feuillage par l’adoption de méthodes culturales qui limitent les blessures au feuillage et qui favorisent sa vigueur.
