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Ravageurs de la laitue

 

 

Punaise terne - adulte
Punaise terne - adulte

Punaise terne - adulte

Punaise terne - larve
Punaise terne - larve

Punaise terne - larve

Dommages causés par la punaise
Dommages causés par la punaise

Dommages causés par la punaise

Dommages causés par la punaise
Dommages causés par la punaise

Dommages causés par la punaise

 

Punaise terne

Nom latin : Lygus lineolaris

Importance
La punaise terne est un autre ravageur prépondérant de la laitue. Les dommages causés tant par la larve que par l'adulte peuvent causer des préjudices sérieux à la qualité des plants de laitue romaine et des laitues de type feuilles. Sur la pommée, les dommages sont moins sévères que pour les autres types de laitue, mais il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent à l’occasion provoquer des pertes importantes.

Description
La punaise terne est un insecte de l'ordre des hémiptères et de la famille des mirides, il s'agit d'un insecte à métamorphose progressive. L'adulte est caractérisé par la présence d'hémélitre. L'adulte et la larve de punaise possèdent des pièces buccales de type piqueur.

Les punaises ternes sont polyphages, elles se nourrissent sur plusieurs types de plantes et on les rencontre fréquemment dans différentes cultures telles que la fraise, la framboise, la carotte, la pomme de terre et le céleri. On connaît près de 325 espèces végétales appartenant à une cinquantaine de familles qui sont susceptibles de servir d'hôtes à la punaise terne. Les punaises recherchent avant tout les tissus tendres et riches en sève élaborée. Les dommages sont donc fréquemment observés sur des tissus tels que les bourgeons, les méristèmes et les fruits.

La larve de punaise terne est d’un beau vert vif. À partir du troisième stade larvaire, elle possède 4 points sur la face dorsale du thorax et un point sur la face dorsale de l'abdomen. Bien qu'à première vue cette larve ressemble à un puceron, elle se distingue de celui-ci, entre autres, par l'absence de cornicules et par le fait qu'elle est très mobile et se déplace rapidement quand on la dérange. Elle se tient habituellement dans le coeur de la laitue ou sur les feuilles intermédiaires.

À l'état adulte, la punaise terne est un insecte très mobile d'environ six mm de longueur. Le corps est de forme ovale et aplatie avec des hémélitres dans les teintes de brun. Les hémélitres se croisent sur l'abdomen pour former un triangle. La teinte des hémélitres varie avec l’âge de l'adulte. Plus l'adulte est jeune, plus la teinte brune des hémélitres sera pâle. L'adulte de punaise terne est aussi très mobile et facilement dérangé par le bruissement du feuillage ou par l'ombrage occasionné par un individu qui marche dans le champ.

Cycle de vie
Cet insecte hiverne à l'état adulte dans les débris et les endroits abrités. L'insecte passe par cinq stades larvaires. Il y a deux à trois générations par année au Québec.

Les adultes hivernants apparaissent vers la fin-avril et s'attaquent aux parties succulentes des plantations de laitues dès le mois de mai. D'autres plantes cultivées comme le céleri, la fraise et des adventices hâtives comme la barbarée vulgaire sont hôtes des adultes hivernants. Durant leur séjour sur ces plantes, les adultes de punaises se reproduisent et pondent leurs oeufs qui prendront de 7 (25 °C) à 15 (20 °C) jours pour éclore.

Au début du mois de juin, les larves de première génération apparaissent dans les cultures et sur une multitude d’adventices annuelles ou pérennes. Leur présence et leur apparition s'étendent sur une période d'environ trois semaines avec un pic de population vers la mi-juin. La durée de vie d’une larve varie avec la température et s’étend sur une période d’une trentaine de jours à 20 °C.

Vers le début du mois de juillet, la première génération d'adultes est généralement observée dans les champs de laitues. Leur présence et leur apparition peuvent être signalées tout au long du mois de juillet et même durant les deux premières semaines du mois d'août. Leur durée de vie est d’au moins trente jours.

Vers la fin du mois de juillet, les larves de deuxième génération peuvent être observées dans les champs de laitues. Leur présence et leur apparition dans les champs peuvent être signalées jusqu'à la fin du mois d'août. Cependant, sur la laitue, il est rare d’observer les larves de deuxième génération.
Durant le mois d'août, des adultes de deuxième génération peuvent être observés en même temps que des congénères à l'état larvaire. Ces adultes de deuxième génération pourront être observés jusqu'à la fin du mois de septembre.

Distribution
Au cours d'une saison de dépistage, nous avons l'occasion d'observer dans les champs de laitues les punaises adultes hivernantes, les adultes de la première et de la deuxième génération et les larves de la première et de la deuxième génération. On observe donc fréquemment, dans les champs dépistés, des punaises ternes adultes ou larves. Cependant, les larves de deuxième génération sont rarement observées dans les champs de laitues. Ceci pourrait être lié à l'utilisation de pesticides ou au faible attrait de la laitue comme site de ponte lorsque d'autres espèces de plantes en floraison sont abondantes.

Les adultes et les larves se tiennent entre les replis des feuilles. En examinant le plant, on observe facilement les adultes qui sont en quelque sorte piégés entre les replis des feuilles, ce qui les empêche de prendre leur envol. Les larves, vertes, sont plus petites que les adultes. Elles ont la caractéristique d'être très mobiles. D'ailleurs, le fait que la punaise se déplace rapidement peut être utilisé pour l'identification d'une larve de punaise. Généralement, les larves ont tendance à se réfugier sous les feuilles enveloppantes lorsque le plant est dérangé.

Dommages causés
Sur la pommée, les dommages de nutrition des adultes de punaise se caractérisent par un petit trou entouré d'une zone de tissu sec (halo) de couleur brun clair, le plus souvent rencontré sur les feuilles du dessus de la pomme. Ces trous peuvent avoir diverses formes et, à mesure que la laitue croît, les cicatrices s'élargissent, prennent l'aspect d'une déchirure et le halo s'amenuise. Les dommages de nutrition causés par la punaise adulte sont rarement responsables du rejet des pommes. En fait, la laitue pommée n'est pas un site privilégié de nutrition ou de ponte pour les punaises ternes. Cette culture peut être intéressante en début de saison, mais à mesure que la végétation progresse, les punaises semblent préférer d'autres sites. Les dommages de larves ont rarement été observés dans les champs de laitues. Il semble que les dommages soient visibles à partir du troisième stade larvaire (stade III).

Sur la romaine et la laitue en feuilles, les dommages de nutrition des adultes ou des larves sont accompagnés de lésions brunes et de nécroses qui peuvent conduire au rejet des laitues. Les dommages sont souvent localisés sur la tige des feuilles.

Méthodes de lutte
Contrairement à la laitue romaine, la laitue pommée (Ithaca) présente une certaine tolérance aux dommages de nutrition de la punaise terne. Selon le PRISME, les répresseurs chimiques pour contrôler les adultes de punaises sur la laitue pommée ne devraient être utilisés que lorsque le stade phénologique des plants est avancé et qu'une forte population de punaises en période d'émigration est présente dans le champ.

Pour les larves, il s'écoule une période de quatre à sept jours entre l'apparition des larves (stade I) et l'apparition des dommages de nutrition (stade III). Dans ces conditions, il est possible de retarder certains traitements et de contrôler la punaise terne, adulte ou larve, par ricochet, lorsqu'un traitement est nécessaire pour le contrôle du puceron.

Sur la romaine et sur la laitue de type feuilles, la situation est différente, car ce type de laitue est plus sensible aux dommages de punaises. Ainsi, pour la romaine ou la feuille, on utilise les répresseurs chimiques lorsque les populations rencontrées sont assez élevées pour causer des dommages aux plants. Les traitements peuvent être retardés si la laitue est jeune et si les dommages ne sont pas assez sérieux pour compromettre la croissance des plants.