Pomme de terre
Importance
Au Canada la superficie cultivée en pomme de terre augmente graduellement depuis le début des années 1980 malgré le fait que le nombre de fermes diminue. Au Québec, il se cultive environ 19 097 ha de pommes de terre, soit à peu près 11 % des superficies canadiennes. Dans la Montérégie, il se cultive 2 472 ha de pommes de terre, la majorité de cette superficie étant cultivée dans la région des Jardins de Napierville (1 336 ha). Dans cette région, les pommes de terre sont cultivées en terre minérale mais aussi en terre organique, ce qui confère aux pommes de terre de variétés rouges une couleur plus éclatante.
Variétés
Il existe plusieurs couleurs de pommes de terre : blanches, rouges, jaunes et même bleues selon la couleur de la chair ou de la pelure. Les cultivars sont aussi catégorisés selon leur hâtivité : primeurs, hâtifs, mi-saison, tardifs et très tardifs. Les types sont aussi différents selon leur utilisation : table et transformation (croustilles, frites).
La proportion de pommes de terre dépistées au PRISME est à plus de 55 % de pommes de terre blanches et environ 40 % de pommes de terre rouges. La majorité des producteurs cultivent de la pomme de terre de table dont la primeur, la hâtive et la mi-saison.
Établissement de la culture
Ce sont les tubercules de pommes de terre qui sont plantés puisque les graines varient trop génétiquement. Avant de les planter, il est préférable de préchauffer les tubercules pour permettre une bonne germination. Les tubercules qui n’ont pas encore germé peuvent être pré-germés surtout s’ils ont été entreposés à des températures inférieures à 5 °C. Les tubercules sont plantés entiers ou tranchés avec l’addition d’un fongicide; ces derniers étant plus vulnérables aux maladies. L’espacement entre les rangs est en général de 91 cm. Par contre, les producteurs de primeurs peuvent utiliser un espacement plus restreint soit de 76 à 86 cm. L’espacement sur le rang varie entre 15 et 40 cm. Les producteurs membres du PRISME plantent leurs tubercules à un espacement de 91 cm (36 pouces) entre les rangs et 20 à 23 cm entre les plants (8 à 9 pouces). Les tubercules sont généralement semés de la fin avril à la mi-juin, selon les cultivars et le marché visé. Au PRISME, environ 400 hectares sont dépistés et plus de 90 % de la superficie se retrouve dans des sols organiques.
Croissance
Selon les conditions de plantation, la vitesse d’émergence des plants varie.
Il peut y avoir un premier buttage au début de l’émergence du feuillage. Habituellement un autre buttage est fait un peu avant le stade boutons floraux. Celui-ci augmente la quantité de terre près des plants ce qui diminue les risques d’avoir des tubercules verdis par le soleil au moment de la récolte. Le moment de butter varie selon le type de sol car celui-ci influence le développement du feuillage. Un tubercule planté en terres noires se développera plus rapidement et la masse foliaire sera plus importante. Conséquemment, il sera butté plus tôt comparativement aux pommes de terre cultivées en terres minérales afin d’éviter d’endommager les plants.
Le stade boutons floraux est très important dans le développement de la pomme de terre car c’est à ce moment qu’il y a tubérisation (initiation de la formation des tubercules). La défoliation des plants par les ravageurs à ce stade doit être évitée pour avoir un bon rendement.
Le stade rangs à demi fermés est aussi important à cibler car, à ce moment, la circulation d’air entre les plants est réduite ce qui peut favoriser le développement du mildiou et d’autres maladies. Ce stade coïncide généralement avec le début des applications de fongicides protectants pour la prévention du mildiou. Ces applications de fongicides se poursuivent habituellement jusqu’au moment de la récolte.
Selon la hâtivité et le marché visé, les plants peuvent être défanés. Cette technique consiste en l’application d’un herbicide sur les plants de pommes de terre pour accélérer la maturité des tubercules, pour faciliter la récolte et aussi pour essayer d’uniformiser le calibre des tubercules selon le marché visé. Cette technique est aussi utilisée pour faire coller la pelure sur les tubercules, ce qui permettra de mieux les protéger et de les conserver. De plus, lorsqu’il y a présence de mildiou, le défanage réduit les risques que les spores du champignon atteignent les tubercules. Habituellement, les pommes de terre de primeurs ne sont pas défanées, puisqu’elles ne seront pas entreposées et que la pelure ne doit pas non plus être collée et épaisse sur le tubercule.
Fertilisation
Le guide du C.R.A.A.Q recommande pour les pommes de terre cultivées en terres organiques :
- Azote : 50kg/ha
- Phosphore : de 40 à 205 kg/ha
- Potassium : de 70 à 315 kg/ha
Pour les pommes de terre cultivées en terres minérales, la fertilisation recommandée est de :
- Azote : de 125 à 175 kg/ha selon le type de sol et les cultivars
- Phosphore : de 0 à 225 kg/ha
- Potassium : de 20 à 240 kg/ha
Les quantités de phosphore et de potassium appliquées sont déterminées à partir d’analyses de sol. Des applications foliaires peuvent être faites au courant de la saison.
Contrôle des mauvaises herbes
Un herbicide de pré-semis ou de pré-levée est habituellement utilisé. Certains producteurs utilisent également un herbicide lorsque les plants ont une hauteur d’environ 20 cm pour brûler et stresser ceux-ci. Ces producteurs souhaitent avoir un meilleur rendement en utilisant cette technique l’hypothèse étant que le plant est stressé, donc augmentation du nombre de stolons et de tubercules.
Récolte
La récolte suit habituellement, de 10 à 14 jours après le défanage. Il est important de récolter dans de bonnes conditions, pour éviter les risques de blessures sur les tubercules. Il ne faut pas laisser les tubercules au champ trop longtemps (plus de 2 semaines) puisque les sclérotes de rhizoctonie peuvent apparaître sur le tubercule, ce qui nuit à son apparence. Suite à la récolte, les tubercules sont entreposés. Dans le cas des pommes de terre de transformation ou de consommation après une longue durée d’entreposage, les tubercules peuvent être traités avec un inhibiteur de germination. En entrepôt, c’est le CHLORO-IPC qui est utilisé alors que l’hydrazide maléique est utilisé au champ.






