Cicadelles
Importance
La cicadelle est un ravageur difficile à dépister. On observe régulièrement des cicadelles dans les champs sans pour autant observer des symptômes de dommages ou même des pertes de rendement directement attribuables à leur présence.
Néanmoins, il est nécessaire de bien connaître ce ravageur afin d’éviter les traitements inutiles et de pouvoir identifier rapidement les situations à risques pour la culture.
Description
En Amérique du Nord, on compte plusieurs espèces de cicadelles dommageables pour les cultures dont quatre peuvent se retrouver dans les champs de pommes de terre. Ici au Québec, les deux plus importantes espèces sont la cicadelle de la pomme de terre et la cicadelle de l’aster aussi appelées cicadelle à six points.
La cicadelle de la pomme de terre et la cicadelle de l’aster sont de forme allongée (cunéiforme) et mesurent de 3 à 4 mm de longueur.
Les adultes ont des ailes. Celles-ci sont très caractéristiques puisqu’elles sont en forme de tente ou de triangle. Les adultes s’envolent très rapidement lorsqu’on les approche. Les larves qui ressemblent aux adultes n’ont pas d’ailes. Elles se déplacent latéralement sur, ou plus souvent sous, le feuillage et ce, rapidement.
Les adultes de ces deux espèces se distinguent par leur couleur :
- Cicadelle de la pomme de terre (Empoasca decipiens) : l’adulte est de couleur vert pâle éclatant.
- Cicadelle de l’aster (Macrosteles quadrilioneatus) : l’adulte est grisâtre avec six taches noires sur le devant de la tête.
Cycle de vie
La cicadelle de la pomme de terre ne survit pas à nos hivers. Elle nous arrive de la côte du Mexique en juin portée par le vent. Il y aurait seulement une génération au Québec alors qu’on en compte deux dans le sud de l’Ontario.
La cicadelle de l’aster survit à nos hivers. Elle hiverne sous forme d’œufs. Cette population indigène s’enrichit au printemps d’individus en provenance du sud des États-Unis via les courants d’air. Au début de la saison, les céréales et les autres graminées abritent cette cicadelle. Lorsque ces plantes deviennent moins succulentes, elle migre sur des cultures plus jeunes comme les légumes dont la pomme de terre.
Au Canada, on compte de 3 à 5 générations selon le lieu géographique.
Dommages causés
Cicadelle de la pomme de terre
Elle peut causer des dommages importants en injectant une toxine et en suçant la sève des tiges et des feuilles. Cette espèce n’est pas un vecteur de pathogène (virus, mycoplasmes...), les dommages se résument donc à l’affaiblissement de la plante relié à la succion de la sève par l’insecte.
Les symptômes visuels débutent par un pâlissement des nervures suivi d’un jaunissement de l’extrémité et des bords des folioles.
Par la suite, l’ensemble du pourtour de la feuille brunit puis meurt, causant un enroulement typique des folioles vers l’intérieur. Les lésions s’étendent progressivement et détruisent les feuilles. Les plants peuvent alors devenir sénescents et mourir prématurément.
Un champ fortement affecté ressemble à un champ défané.
L’impact de la cicadelle de la pomme de terre peut se mesurer davantage chez les cultivars tardifs. En effet, lorsque ces insectes arrivent, les cultivars hâtifs ont déjà commencé leur tubérisation et ont même atteint leur potentiel de rendement.
Cicadelle de l’aster
Elle cause peu ou pas de dommages directs reliés à la succion de la sève.
Cette cicadelle transmet cependant le mycoplasme de la jaunisse de l’aster.
Les symptômes sont un enroulement et une coloration pourpre ou jaune des feuilles supérieures ainsi que l’apparition de tubercules aériens. Les plants deviennent sénescents prématurément. Dans l’industrie de transformation, les tubercules infectés donneront des croustilles très foncées à l’intérieur de l’anneau vasculaire et pâles à l’extérieur.
Dans la production de semences, les tubercules infectés peuvent produire des plants moins vigoureux la saison suivante.

