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Ravageurs de la pomme de terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mildiou sur la pomme de terre
Mildiou sur la pomme de terre

Mildiou sur la pomme de terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mildiou de la pomme de terre

Nom latin : Phytophthora infestans

Importance
Actuellement, le mildiou est de loin la plus redoutée des maladies de la pomme de terre au Québec. Les producteurs se rappellent bien de la saison 1994 où cette maladie a atteint un niveau épidémique dans plusieurs régions. Le mildiou est causé par un champignon appelé Phytophthora infestans. On appelle aussi cette maladie brûlure tardive.

L’épidémie de 1994 aurait été causée par des conditions climatiques très favorables qui ont permis à la souche A2 de se développer. Cette souche était déjà présente avant l’épidémie, mais à un niveau inconnu.

La souche de type A2 faisait donc officiellement son apparition dans nos champs. Avant 1994, seule la race US1 de la souche A1 avait été identifiée chez nous. Les échantillons de mildiou prélevés au Québec dans les dernières années ont tous été identifiés comme étant du type A2 (race US8). Ceci semble indiquer que la souche du type A1 pourrait avoir disparu du Québec.

Description des dommages
On doit identifier le mildiou le plus tôt possible, car cette maladie peut dévaster un champ en très peu de temps. Le nouveau mycélium peut être prêt à produire des sporanges après quatre à cinq jours.

Le symptôme le plus commun est la présence de taches brunes ou noires sur les feuilles. Ces taches sont entourées d’un halo vert pâle. À la face inférieure de la feuille, en bordure de la tache, on peut observer un fin duvet : il s’agit du mycélium du champignon.

Le halo plus pâle et le mycélium blanc sont très caractéristiques de cette maladie. Par temps humide ou le matin lorsque la rosée est présente, le mycélium est facile à observer. Il porte les sporanges.

Sur les tiges, on peut voir des lésions brunes allongées et du mycélium. Les hampes florales, fleurs et bouquets terminaux peuvent aussi avoir ces symptômes.

Dans un champ sévèrement atteint, le feuillage peut être complètement détruit. Dans ce cas, on sent alors une odeur distincte dégagée par sa décomposition rapide.

Conditions d’infection
Au printemps, si la maladie est déjà au champ, le mycélium se développe et s’installe sur les nouveaux germes. Il croît lorsque les températures varient de 3 à 30 °C avec optimum de 20 °C. Il se reproduit de façon asexuée et très rarement de façon sexuée. Les deux façons produisent des spores, mais qui sont différentes.

Reproduction asexuée
La reproduction asexuée du champignon est celle que l’on retrouve au Québec. Elle lui permet de se reproduire rapidement, puis de se disséminer, d’infecter de nouveaux plants et de détruire les champs de pommes de terre. Pour se disséminer, le mycélium du champignon produit des sporanges. Après un certain temps les sporanges libèrent des spores qui sont disséminées par le vent ou la pluie. Une fois sur une feuille saine, si les conditions lui sont favorables la spore germe et produit un autre mycélium qui se nourrit de la plante.

Des sporanges se développent aussi sur des résidus de cultures infectés de mildiou. Ils se développent à des températures se situant entre 3 °C et 26 °C ; les conditions optimales sont entre 15 °C et 24 °C avec un taux de supérieur à 90% d’humidité relative.

L’humidité relative est le facteur le plus important ; on parle ici des conditions d’humidité immédiate reliées avec la plante.

Il y a formation de sporanges lorsque les deux conditions optimales sont rencontrées pour au moins huit heures consécutives. Ces conditions de développement étaient surtout valides pour la souche A1. Pour la souche A2, on assume que les conditions exigées sont plus faibles.

La libération des sporanges et leur dissémination se fait le matin. Le vent transporte les sporanges de quelques mètres à quelques kilomètres. Une fois sur une feuille le sporange libère les spores qui germent et infectent le plant. Pour qu’il y ait infection, il faut que le feuillage soit couvert d’une pellicule d’eau à sa surface.

Reproduction sexuée
La reproduction sexuée du mildiou est rarement observée. Elle l’a été dans certains pays, comme le Mexique, mais pas encore au Québec.

Pour qu’il y ait reproduction sexuée, il faut que les souches A1 et A2 soient présentes dans un même champ. Tel que mentionné précédemment, actuellement la souche A1 a été remplacée progressivement par la souche A2.

Méthodes de lutte préventive
Il faut être particulièrement attentif :

- aux cultivars sensibles; aux champs mal drainés ou entourés de boisés ; là où les conditions favorisent une mouillure prolongée du feuillage;
- aux secteurs humides (baissières, fond du rang) ou à l’abri du vent, car ce sont des endroits où la maladie est plus susceptible de s’établir;
- aux traces de pulvérisateurs, car il n’est pas rare que la maladie débute à cet endroit; de plus, le pulvérisateur peut disséminer les sporanges d’un champ à un autre.

Mesures préventives

Semence saine
Il faut utiliser des semences saines provenant de champs de production certifiés. La plantation de sa propre semence est risquée ; quelques tubercules malades suffisent à introduire le mildiou dans ses champs.

Cultivars tolérants
Certains cultivars tolèrent mieux les attaques du mildiou. Selon les essais récents réalisés au Québec, il n’y a pas de résistance complète aux nouvelles souches de mildiou.

Rebuts
Les tas de rebuts sont une source de mildiou et il faut absolument les enfouir.
Ainsi :
- au tranchage, on élimine aussi les rebuts, car on se retrouve en milieu très humide;
- après une récolte, on enfouit les tubercules et déchets de culture à la surface du sol;
- lors du criblage et de l’emballage, tous les rejets doivent être enterrés.

Désinfection des entrepôts
Il faut nettoyer et désinfecter les entrepôts qui vont contenir la récolte.

Rotations
La rotation par blocs de champs éloignés les uns des autres diminue les risques de contamination.

Destruction des plants volontaires
La rotation permet souvent d’éliminer les plants volontaires qui sont des sources de mildiou. S’il en reste avant le semis de la culture de rotation, il faut herser pour les détruire. Il en est de même pour les rebuts. S’ils n’ont pas été enfouis, il faut les détruire avec un herbicide.

Buttage
On butte de manière à ce que les tubercules soient bien recouverts. Cette pratique limite leur contamination par le mildiou présent sur le feuillage.

Méthodes de lutte chimique
Quand le champ a atteint le stade phénologique de rangs demi fermés, le producteur applique un fongicide protectant à un intervalle d’environ sept jours. Le stade rangs demi fermés correspond à l’impression visuelle qu’à environ 100 mètres de l’endroit où nous sommes, les plants se touchent. Ces fongicides protègent le feuillage de la plante et préviennent le développement de la résistance. Ils sont appliqués dans le seul but de protéger la plante en formant une barrière qui empêche les spores de pénétrer la plante. Quand les conditions sont favorables, les producteurs utilisent des fongicides de type pénétrant car le feuillage absorbera le produit et ainsi le fongicide ne sera pas délavé.